
Le 17 juin 2009, par Tetiaara,
A quoi bon participer quand le cap fixé par le politique est encore déconnecté de la réalité des familles ? Pour notre président retraité de l’Etat avec un passeport Néo Zélandais, le cap, c’est l’indépendance !
Mais pour les familles polynésiennes, le problème, c’est la pauvreté. Le vrai cap, il est là ! "Je ne crois pas que la pauvreté, dans notre système polynésien, les gens doivent être pauvre. Je crois qu’ils sont pauvres parce que les politiciens n’ont pas assez de cervelles pour partager chaque année le revenu national et empêcher les manahune d’être pauvre."
Ces propos, tenus dans des termes quasi identique par Harry HOPKINS de la WPA américaine de l’administration ROOSEVELT dans les années ’30, sont une réalité pour nous ici à Tahiti et dans ses îles.
Les Etats généraux sont entre les mains de ceux qui dirigent et vivent sur le pays depuis 100 ans. Qu’attendre d’un Joël ALLAIN, qui appartient aux bonnes familles qui se partagent le pays et ne veulent pas partager les richesses avec les plus pauvres en leurs permettant de profiter de l’ascenceur social ? Quel ascenceur d’ailleurs ? Si tu n’es pas belle ou si tu ne fais pas du syndicalisme ou de la politique, ton destin en tant que fils et fille de chômeur est d’être chômeur.
Les thèmes choisis par les grandes familles du pays sont choisis pour eux :
contribution de la production locale et développement endogène ? Ca ne veut rien dire d’autres que favoriser les rentes des monopoles locaux et justifier la TDL derrière une fausse expression populaire aux Etats généraux ;
Grands projets structurants ? Ca veut dire comment maintenir les monopoles de SUEZ sur la vente d’eau, la gestion des ordures et sur l’électricité et surtout éviter la concurrence.
Plan de relance et cohésion sociale ? Que les impôts soient payés par les pauvres car avec la défiscalisation les riches ne paient rien en prévoyant des miettes pour les pauvres pour qu’ils ne se révoltent pas.
Quant aux restes, les thèmes de la "gestion des essais" ou l"’apport de la culture" c’est du pipeau qui amusent la galerie. Au pire, on aura le droit à une nouvelle taxe pour plaire aux artistes en fin de parcours proches du président et qui veulent interdire la musique autre que la leur.
Les Etats généraux de la Polynésie n’apportera rien à la population, celle qui n’a pas accès à l’éducation car les transports coûtent chers de même que le ma’a et les fournitures. Celle du quartier Jonhnston qui attend depuis plus de 3 ans de rentrer dans leurs maisons qui ont brûlé ("avant Noël, vous y serez !" disait Te pereteni nui no Fenua maohi nui e te mau motu no te moana nui).
Le président vit sur une autre planète. C’est sans doute pourquoi il s’intéresse plus aux astronautes de passage sur Tahiti qu’à sa population.
Ce que veulent les polynésiens c’est : un travail, une famille, une maison.
John TEARIKI aurait dit de ces Etats généraux :"ils sont faits pour les raatiraa, par pour toi manahune !", comme il l’avait dit de l’autonomie dans les années ’70.
Et il aurait raison comme il eut raison à l’époque : L’autonomie, comme l’indépendance, c’est pour éviter aux riches descendants des colons et des raatiraa de partager la richesse et de faire preuve de solidarité avec les manahune.